Les gris nuages de ce matin de novembre n’ont pas arrêté les vingt-quatre marcheurs qui se sont rendus au pied des remparts de la sympathique petite ville d’Obernai. Petite, mais néanmoins habitée par douze mille cinq cents citoyens qui goutent au quotidien la joie de vivre dans un environnement charmant entre plaine et collines sous vosgiennes. Non seulement agréable à vivre, la cité constitue également un bassin d’emplois de première importance. Sept mille huit cents postes de travail sont occupés dans son enceinte dans quelques grandes entreprises à rayonnement international ainsi que dans des dizaines de structures plus modestes mais florissantes pour la plupart.
Notre journée de marche a débuté par une première ascension urbaine vers le Mont National et son Mémorial National des Incorporés de Force érigé en 1956 par la section cantonale de l'ADEIF d'Obernai, en souvenir des 272 victimes, mortes ou disparues du canton durant la seconde Guerre Mondiale. Mais cette colline est aussi une intéressante relique géologique. Aux avant-postes des Vosges, de concert avec le Bischenberg au nord, cette éminence calcaire témoigne du passé océanique de notre région. Le panorama au sommet embrasse l’Alsace de Strasbourg jusqu’aux abords de Sélestat et permet une vue plongeante sur la ville. Mais cette récompense n’est accessible qu’après l’escalade d’une pente courte mais raide de 30 pour cent. Il fallait bien échauffer nos mollets !
La suite immédiate de cet effort nous permettait de récupérer de nos efforts matinaux. Une descente, raide aussi, par un escalier irrégulier nous a ramené au bord de l’Ehn, rivière entamant sa course au-dessus d’Ottrott pour se marier avec l’Ill à Geispolsheim après 36 kilomètres de fiançailles.
La promenade le long de l’onde a été bucolique, voire romantique par un sentier sans difficulté sous des frondaisons aux couleurs de la saison. Seul absent, l’astre du jour qui semble s’être décidé pour un jour de repos… ou de bouderie.
A Ottrott, le terrain a brusquement changé de nature. De la forêt de feuillus toujours, mais de la pente en plus. Nous partons en direction de Sainte Odile et des carrières de Saint Nabor. Notre chemin passera entre ces deux hauts lieux : Odile au-dessus de nos têtes, Nabor à nos pieds. C’est à l’endroit le plus étroit entre les deux saints, un kilomètre tout de même, que nous prenons notre collation avec une échappée sur la plaine et au premier plan la paroi nord-ouest de la carrière de porphyre. Cette roche, magmatique, très dure a été exploitée jusqu’en 2002 pour en faire du ballast de route et surtout de chemin de fer. Non rentable elle a été abandonnée puis sécurisée.
Arrivés au sommet du jour il nous reste à dévaler vers la plaine en direction d’Obernai avant que les ombres ne s’allongent. Nous traversons successivement Saint Nabor village puis Bernardswiller, village viticole enclavé dans le ban d’Obernai. Le blason du village nous a intrigué et une petite recherche confirme qu’il s’agit de la moitié de celui d’Obernai pour rappeler que Bernardswiller a été une annexe de cette dernière jusqu’en 1789.
Pour fermer notre boucle nous traversons Obernai par son magnifique centre historique aux façades typiquement alsaciennes, aux toits vernis et aux belles échoppes. Après cette journée fraiche sous un ciel qui n’a pas daigné laisser passer les rayons du soleil, la halle au blé, à quelques pas de nos voitures, nous aimante vers sa belle salle richement décorée. Au choix d’un chocolat chaud, d’un verre de rouge d’Ottrott, ou encore d’une blonde locale, chacun a conclu cette agréable journée dans une ambiance particulièrement douillette.
Merci à tous.
Guide et texte : Patrick
Photos : Anne, Patrick






